Géo-histoire et autres éléments...
  Les relations sociétés / nature / perception
 
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Les relations société / nature

Les perceptions

 

La géographie : c'est la façon dont les gens se représentent la nature. (ex : GALLOIS sur la toponymie des « pays »).

J.Brunhes : genre de vie avec éléments sociaux, matériels, humains... avec notion territoriale (région et pays). Cela n'existe pas tel quel mais c'est surtout dans l'esprit des gens.

Carl SAUER (fondateur de la géographie culturelle), formé à Chicago dans une géographie déterministe. Nommé à Burckley où il développe l'école culturelle. Les sociétés fonctionnent selon leur héritage culturel et s'organise selon la façon de se représenter la nature.

 

2 sources :

- s'inspire de l'existentialisme (Sartre, Camus...). De là, les humanistes avec A.Frémond (1976) « la région, espace vécu » puis Lowenthal parle d'artificialisation du paysage anglais et il y a aussi Yi-Fu Tuan...

- la géographie des comportements (économie, gestion, psychologie...). Le comportement des individus est lié à la façon dont ils voient l'environnement. Il parle d'image, de géographie de la perception.

Ainsi, dans les années 60 : G.White met en évidence que l'on crée la perception fausse de sécurité dans les espaces protégés par des digues par exemple.

 

I – Les comportementalistes

 

Vision très réductrice : idée qu'il y a une croyance extérieure réelle (environnement) et le comportement des gens (filtre de la perception humaine). La représentation vu comme un filtrage de la réalité d'où une perte d'information.

filtres

modifie

psycho-sociaux l'image

 

transformation de la réalité

 

Cela peut se relier au structuralisme.

 

II – Trois façons de pensées

 

1° la vérité dans la nature

 

empirisme / matérialisme / réalisme / environnementalisme

 

C'est l'idée que ce que l'on perçoit (réalité sous forme d'image) garde les qualités de la réalité. Réalité : reflet dans l'esprit grâce à nos sens de sorte que nos représentations soient le miroir de la réalité. Devenu importante dans la science dure grâce au courant positiviste (XIX°s Auguste Comte) et fin XX°s néopositiviste (SIG...).

Selon Pavlov (le « béhavionisme ») : le corps fonctionne selon des stimulus.

 

2° le monde est crée par l'homme : tout est possible

 

l'idéalisme / rationalisme / positivisme vidalien

 

Courant de la pensée moderne et antique (Platon...). La connaissance est quelque chose d'innée. Elle est donnée avant l'expérience. Le monde n'est rien d'autre que se que crée notre esprit. Présent dans la géographie culturelle par exemple. Idée de projection. Idée que l'organisme est préprogrammée pour faire certaine fonction.

 

3° Interaction nature / société

 

néo-kantisme / structuralisme / positivisme / intéractionnisme / constructivisme

 

Kant : on ne peut adopter aucune position précédente. Le contenu de la connaissance ne peut être obtenu que par l'expérience. On ne peut tout connaître mais notre esprit donne des formes à la connaissance : c'est pour mettre l'information dedans. On construit à partir de ses capacités et de ses expériences mais pas de connaissance totale de la réalité.

On ne peut séparer l'acte de connaître le monde dans lequel on vit en interaction avec des données naturelles.

2 formes pure de l'intuition : le temps et l'espace. Ensuite, on a des catégories (capacités) que l'on va utiliser pour analyser et comprendre le monde (ex : la causalité). La réalité construite entre interaction de la capacité de l'esprit et des données du monde qui nous entoure.

 

Théorie de la « Gestalt » : capacité que l'on essaye de dépasser. On perçoit en bloc et non en détail.

 

environnement

société

+

-

+

Positivisme vidalien

Positivisme radical

-

déterminisme

 

 

III – La perception

 

Le livre « Psychologie de l'espace a inspiré les géographes, comme par exemple Antoine Bailly sur la « planification environnementale ».

 

A – Qu'est ce que la perception ?

 

Ce terme est ambigüe. En géographie, on utilise beaucoup au début le mot perception (le sens en psycho) qui englobe des constructions mentales, des images. Actuel, on parle beaucoup de représentation, soit d'une reconstruction à partir d'information venant des 5 sens (importante activité cognitive).

On parle de cartographie cognitive, c'est un repérage, une structuration de l'information, c'est de la perception. Dans cette activité cognitive, il y a une classification : on va identifier des choses ( ex : l'activité toponymique). C'est une structuration où on joue beaucoup sur des systèmes d'oppositions ( ex : centre / perif).

C'est la clé pour construire notre représentation du monde (Tuan sur le goût des lieux)

 

Uniformalisation des formes ? Cela dépend des endroits.

 

 

Le langage avec l'hypothèse Sapir-Whorf, soit que le langage détermine ce que l'on peut voir ou apercevoir. Ainsi, chez les Hopi (début XX°s), n'utilise pas les catégories grammaticales, le futur et l'imparfait n'existe pas. Au contraire, de nombreux mots n'existent pas chez nous et chez eux oui !

 

La langue va déterminer les perceptions (il y a débats entre, pour et contre, débats éternel entre idéologie, jeux de pouvoirs...). C'est donc un facteur d'organisation du monde, de nos représentations.

 

Ethnocentrisme : on se centre sur soi-même, façon d'organiser l'espace. On a tendance à surévaluer ce qui est proche, et d'exagérer les distances qui sont proches à celles lointaines.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

B – Quelle classification ?

 

Par arborescence : une bonne partie de la réalité n'est pas emboîtable hiérarchiquement mais il y a un arbre dit en treillis : problème de la multi-appartenance avec une tendance à l'uniformisation, à classer dans un seul genre.

Ex : le quartier : quelles limites ? Comment le représenter ? Quels éléments ? Quelle méthode utilisée ? Donner un plan de rue ? ....

 

IV – La sémiologie

 

A – Qu'est ce que c'est ?

 

C'est la science des signes. Roland Barthes disait qu'un signe, c'est ce qui va transmettre un sens. Deux volets :

    • le signifiant : c'est le véhicule de la signification

    • le signifié : ce que l'on transmet

 

En géographie, on a des formes qui peuvent signifier une ou plusieurs choses. Le signifié est-il arbitraire ? (débats). Cela peut devenir le signifiant d'un autre signifié ?

Ex : le drapeau français signifie quelque chose MAIS cela ne peut être la signification d'une action héroïque. Processus de connotation.

Les catégories sont une dénotation. Quand on y intègre des sens, c'est une connotation.

 

Cela introduit l'idée que le rapport entre sens / forme à un côté arbitraire. On crée un ensemble qui va avoir du sens en détournant l'objet de sa fonction première. Les règles de recomposition sont importantes. Production de sens avec d'autres éléments qui ont du sens.

 

 

 

B – Kévin Lynch

 

Dans la perception de l'environnement urbain : grand impact. C'est un texte « l'image de la cité » (1960' : anglais, 1969 : français) qui a orienté beaucoup de travaux. Il fournit méthodes et résultats. Il s'intéresse à la qualité visuelle d'une ville. Qu'est ce que les gens apprécient dans la ville ? Comment ils l'imaginent ? La ville est-elle lisible ?

C'est la facilité avec laquelle on va se faire une image cohérente et organisée de la ville. Comment on va naviguer ?

Tout est orienté vers la recherche de repères. Il veut construire l'image de la ville. Qu'est ce qu'il y a dans l'image ? :

    • 1 – l'identité : une image permet d'identifier un objet

    • 2 – la structure : les relations entre ces éléments

    • 3 – le sens, la signification : tout éléments doivent signifier quelque chose.

Une ville très lisible est une ville où ces 3 dimensions sont développées mais ensuite, il ne s'intéresse pas au sens dans son livre. Il parle alors d'imagibilité (1+2)

70' : R.Le Drut « Les images de la ville » qui insiste sur le sens »

 

Étudie trois villes avec une reconnaissance systématique du terrain puis il prend des habitants et il fait des entretiens longs et enregistrés où ils doivent faire un plan (ville, quartier) et les interroge sur le voyage d'un point à un autre. De là, construction de l'image publique de la ville.

 

Résultats : 5 types d'éléments :

    • les voies (empruntés ou empruntables par la population)

    • les limites (formation entre deux ensembles, séparation des parties)

    • les quartiers « districts »

    • les noeuds (point de rupture dans le mouvement, stratégique)

    • le point de repère (quelque chose d'important dans le paysage)

Les formes d'une ville sont importantes pour structurer l'image de la ville.

 

Cf docs : Boston, Jersey, Los Angeles

 

Quelques critiques :

    • tout le monde n'a pas de capacité graphique pour traduire une information

    • peut-on séparer sens du reste ? C'est par valeurs et significations que se font l'image

    • confusion entre perception de l'orientation et ce qui fait le lieu de façon plus globale

    • ces images sont étudiées sans étudier les processus qui conduisent à l'image

 

Des urbanistes de Los Angeles ont appliqués la méthode de Lynch : est-ce que le statut social a un impact sur l'image de la ville ?

    • les habitants de Westwood ont une image assez bonne de la ville avec une précision plus forte près de chez eux (centre-ville).

    • ceux de Fairfax, personne âgée peu mobile

    • Northridge : classe moyenne et modeste : vue de suburbain

    • Avalon, quartier pauvre, vue des gens qui n'ont pas de voiture. Ne structure pas les zones

    • Boyle Heights : immigrants mexicains.

 

Étude très importantes pour les politiques sociales : quelles opportunités prendre par rapport à la vision de la ville que l'on a ? on parle de différenciation sociale de l'espace (impact sur la quantité et type d'information que l'on a) et sur la capacité d'utiliser ces informations et sur l'image globale de la ville : on parle de fragmentation sociale.

 

 

V – Attitudes et comportements

 

A - Généralités

 

Luc ferry : philosophe, ancien ministre de l'éducation nationale a écrit « le nouvel ordre écologique ». il parle notamment d'un évêché en Maurienne où les habitants ont intenté un procès aux charançon, demandant leur excommunication car ils mangeaient les récoltes mais procès fut perdu car les animaux sont une création de Dieu et que tous ont le droit de manger. Il y a donc un contrat entre être de nature où on met sur le même plan animaux et humains (XVI°s).

Aujourd'hui encore, en droit anglo-saxon, le juge se prononce sur les intérêts de quelque chose ou quelqu'un qui sont laissé ou pas.

 

Le thème de l'écologie est utilisé par des personnes de tout bord politique. La législation environnementaliste de la protection du paysage a été pensé et mis en place par les nazismes qui pensaient qu'il fallait protéger la nature dans lequel la population s'épanouit.

Ainsi, attitudes et comportements ne sont pas forcement liés ! Il y a souvent des contradictions Ex : pays occidentaux ont l'aspiration d'être proche de la nature donc avoir sa maison mais cela produit un étalement urbain et mitage de la campagne ce qui finit par détruire l'aspiration initiale.

 

B – Les trois façon de voir la nature selon GLACKEN

 

C.GLACKEN : « des traces sur la rive de l'île de Rhodes » étudie la grande tradition intellectuelle occidentale des grecs à la fin du XVIII°s. Il observe trois grands types de façon de voir la nature.

 

1° antique (ordonnée)

 

Idée de plan, de design, d'ordre prévu, c'est à dire que le monde a été crée par une divinité avec une idée, un plan. On peut donc essayer de comprendre le plan de Dieu (le « dieu artisan », le « dieu architecte »). cela peut motiver beaucoup de choses.

 

Ex : Posidonius (stoïciens) : école de pensée qui été convaincu de l'ordre dans le monde donc autant l'accepter. A la source de l'approbation de l'émerveillement de la nature. Il y a des individus qui s'y opposent.

 

La Terre a été faite pour l'Homme : idée anthropocentrique où il faut faire respecter la diversité de l'homme. A l'inverse, St François d'Assise est dans l'écologie non anthropocentrique car pour lui, il faut respecter la nature. C'est le St Patron des écologistes.

Idée que les occidentaux sont destructeurs de la nature car c'est dans la tradition judéo-chrétienne alors que par exemple, les psaumes de David sont admirateurs de la nature. Donc dans la tradition, l'idée du respect de la nature existe aussi.

 

Téléologie : c'est le but, la finalité, l'objectif. Les sciences contemporaines rejettent cette idée d'expliquer les choses par leur finalité. La téléologie recherche les causes finales, chaque chose serait crée pour un but précis. Mais cela est critiqué dès l'Antiquité comme Lucrèce qui dit que rien dans notre corps n'a été crée pour un usage mais que l'usage est apparu après l'apparition des organes.

Ex : les épicuriens profitent de la vie

Ex2 : si on ne prend que la Genèse, l'homme fait ce qu'il veut.

 

 

 

2° l'environnement détermine homme, culture ou société

 

C'est dans l'environnement que se trouve la clé su comportement humain.

Ex : Hipocrate (père de la médecine) disait que les maladies ne sont pas dû aux causes morales mais qu'elles seraient dû à l'environnement. Il a fait une analyse du milieu, écologiste. Si il y a trop d'excès d'un élément (eau, air, sol, feu), il y a déséquilibre. Si trop d'eau : flegme ; si trop de feu : le sang ..... (la colère : bile noire, la mélancolie).

 

Des guerres de religions jusqu'à Montesquieu (XVIII°s) avec son livre « Esprits des lois », on cherche les principes sociaux dans la société elle même et dans ses rapports avec la nature.

Sous la Révolution, il faut réagir contre l'ordre de la nature qui n'existerait pas. De même, les féministes récusaient le fait que le rôle de la femme soit déterminé par la nature.

 

3° l'homme transforme la nature

 

Le premier qui théorise cela est Buffon. La Terre a traversé plusieurs époques, et la 7ème, c'est quand la puissance de l'homme assiste la nature, il participe au projet. C'est le fondement de la géographie humaine.

J.P.Marsh (mi XIX°s) fondateur, penseur des mouvements de protectionnisme de la nature. Comment l'homme modifie le physique ?

Thèse Gaia : la Terre serait un organisme vivant avec un système de régulation où l'homme peut perturber mais n'est pas essentiel. Les mouvements écologistes puisent beaucoup dans cette conception.

 

Tuan en Chine a observé comme cela se passait dans cette culture marqué par le bouddhisme et montre une attitude de non destruction de la nature. Mais la dévastation des forêts depuis des siècles étaient considérable. Donc contradiction entre attitude générale et comportement dans l'espace et dans son aménagement.

 

Psychologie sociale : quelle est l'opinion des gens ? Pour traduire les comportements des gens. Expérience dans les années 40 et 50 où l'on pouvait pratiquer la ségrégation sociale. Les américains prennent des volontaires chinois en leur demandant de faire plusieurs choses comme par exemple de réserver dans un restaurant : refus par courrier, acceptation quand ils vont sur place. L'attitude n'explique pas le comportement des gens. Le principe général est différent de la réalité. (cf ex sur le camping).

 

C'est le comportement en contexte qui est intéressant. Il faut donc définir le contexte avant toute autre chose. Il faut différencie les attitudes hors contextes non prédictive de celles en contexte.

Beaucoup de travaux de cartes mentales ou cartes de préférences. Prédire mouvements migratoires / comportement des individus. (cf docs sur le R-U avec une échelle de préférence des lieux où on aimerait vivre). Il faut conceptualiser les éléments, les choix...

 

VI – L'idéologie

 

C'est une vision du monde qui fait bouger les choses, finalisé à partir de politique, très marqué par le marxisme. C'est aussi important dans la littérature et dans le concept de milieu avec le rapport entre l'homme et la nature.

 

C'est une notion utilisé dès la fin du XVIII°s avec une science des idées, les intellectuels s'intéressaient au système d'idées. Napoléon les appelait des idéologues (hostile) et c'est pour cela que ce terme a toujours une connotation péjorative dans la pensée des gens.

Au XIX°s, Karl Marx « l'idéologie allemande » publié après sa mort. Pour lui, l'idéologie, c'est négatif. Elle produit une représentation du monde de la classe dirigeante pour mettre en avant la normalité de la société. Ex : femmes sans droits, ouvriers inférieurs. C'est naturel et il s'y oppose. L'idéologie serait les idées de l'adversaire donc c'est faux.

 

Le philosophe français Althusser dit que « l'idéologie est un système (possédant sa logique et sa vigueur propre) de représentation (image, mythe, idée ou conception selon les cas) doué d'une existence et d'un rôle historique au sein d'une société donnée. Il s'agit de concept social qui exprime les intérêts d'une classe déterminée » : la classe dominante se maintient si celle dominée accepte l'idéologie donnée. Idée de fausseté.

C'est un obstacle à la connaissance. Faut donc dénoncer les idéologies qui sont au service d'intérêt particulier. Science s'oppose à idéologie (Jacques Lévy).

Ex : Senghor : idéologie de la négritude.

 

Le système de représentation peut être produit par des groupes de dominés mais aussi tout les groupes avec les femmes (féministes), régionalistes ...

    • notion qui est liée à l'action, on se représente le monde pour agir

    • lié au politique, interaction entre humains

    • idée de consensus

    • finalité : pour faire voir un point de vue

    • s'appuie sur la science mais n'est pas la science car l'idéologie n'a pas en elle même les moyens de se disqualifier

    • s'appuie sur des valeurs, croyances (acte de foi), affectif

    • échelles diverses, émanent d'un espace, un territoire pour rejaillir sur tous

 

Permet de comprendre ce qui se passe sur Terre : idéologie spatiale ou territoriale

      • nationalisme, régionalisme

      • façon dont je vois un espace, une appropriation perçu d'un territoire






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